– INTRO (français)

Prolégomènes:
PROF. SIN TITULO – Une vie pleine de travail

Karl-Heinz Korn était l’une de ces personnes qui, avec 150 % de performances et de normes de qualité, a su maîtriser des tâches et des défis exigeants. Ce faisant, il était également disposé à travailler sans cesse sur de nouveaux projets, que ce soit au Politburo de Kopelew, pour le contenu des publications scientifiques ou, plus tard, avec un grand engagement pour les étudiants étrangers. À l’université de Cologne, il a pu offrir à ces étudiants un large éventail d’aides, telles que la garantie des bonnes conditions de leurs études, la possibilité d’obtenir des subventions, des voyages dans le paysage culturel allemand, le regroupement de la communication avec les groupes universitaires nouvellement créés pour les étudiants étrangers, et bien d’autres mesures de soutien humanistes, qu’il a souvent mises en œuvre avec beaucoup d’efforts, souvent à l’encontre des limites conventionnelles.

Karl-Heinz, humaniste-social, était également très soucieux d’éviter aux étudiants l’abandon de leurs études en les motivant à obtenir leur diplôme. Il avait lui-même terminé des études approfondies (environ 18 semestres) sans passer d’examen ayant préféré accepter l’offre intéressante de travailler avec le germaniste et humaniste russe Lev Kopelew. Karl-Heinz, qui était très doué pour les langues, aurait certainement été prédestiné, avec son bagage et ses divers préalables intellectuels, à une chaire de langues slaves et romanes. Cet objectif avait été discuté pendant ses études par l’un de ses professeurs référents. À l’époque, ses parents n’étaient pas du tout enthousiastes à l’idée que Karl-Heinz prolonge ses études, qui avaient déjà duré de nombreux semestres. Suite à quoi il a supervisé, en plus de son travail,  d’innombrables examens, thèses de maîtrise et mémoires inauguraux en tant que „Prof. sin titulo“, avec une disponibilité désintéressée le soir et le week-end.

Karl-Heinz Korn, 2013 au KSK de Cologne avec des amis à l’occasion de la remise du prix Lew Kopelev pour la paix et les droits de l’homme à un militant de la paix et à deux médecins de Syrie. (Photo: Bernd-Michael Maurer)

Karl-Heinz Korn a maintenu son agenda chargé et varié jusqu’à la fin de sa vie, menant une vie pleine qui l’a comblé et qui était conforme au précepte de sa volonté et à son large éventail d’intérêts. De nombreuses personnes l’ont remercié pour son travail, notamment le consul général d’Ukraine et divers groupes universitaires, ainsi qu’un grand nombre d’amis et de personnes qu’il a toujours soutenus par ses conseils et son aide. Il ne restait que peu de place pour les „loisirs“. Il aimait par exemple la musique classique et s’autorisait un ou deux concerts à la Philharmonie. Mais ce qui était toujours inscrit dans son agenda, chaque fois que cela était possible, était la réunion du lundi avec son ami, le photographe Bernd-Michael Maurer, au „Dellbrücker Brauhaus“, où tous deux ont trouvé quelques idées créatives dans le confort décontracté du restaurant.

(Photo des archives privées, graphique Andreas Korn)

Fragments de l’œuvre de la vie: Terminus Post quem

L’une des raisons de la création de ce site web a été de consigner des éléments importants de sa vie et de les conserver à l’ère de la culture numérique. Dans un sens plus large, je voudrais jeter un pont symbolique entre Karl-Heinz Korn et Lev Kopelev, qui avec son livre „Aufbewahren auf alle Zeit“ (Hoffmann und Campe 1985) a essayé de préserver des souvenirs personnels

A mon/notre très serviable et très humble frère est dédié ce site web. Ici, Karl-Heinz, qui a évité les feux de la rampe de son vivant, est maintenant au premier plan avec des fragments de l’œuvre de sa vie. Puisse le souvenir de sa personnalité s’étendre au-delà de sa mort prématurée.

(Dr. phil. Andreas Korn, Bonn, 28 septembre 2020)

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Traduction de l’allemand vers le français: Sylvie Robineau Pilawa